Ce texte est la suite de la première série des Délires à quatre mains. Deux plumes, quatre mains, deux sensibilités, une histoire.Les textes sont pensés comme une suite dans le temps.Pour connaitre le début, c’est par là.L’amant #1 : Côté pile et L’amant #2 : Côté face

Texte écrit par sand

 

Je l’ai supprimé. Je ne l’ai pas ouvert. Je l’ai supprimé direct. Et pour être bien sûre, j’ai aussi direct vidé tous les éléments supprimés. Pour ne pas être tentée. Pour ne pas lire ses mots, l’imaginer me les écrire, y mettre les formes, plisser son front et y former des rides à force de peser les arguments.

Ses mots me tuent. Alors je préfère encore ne pas savoir, ne pas lire, ne pas m’exposer.

Belles paroles. Ça c’était hier. Parce qu’aujourd’hui, je n’y tiens plus. Son corps est venu me visiter dans mon rêve, un amour qui me flingue, une fusée qui m’épingle et je suis au ciel et en enfer à la fois. Hier soir, j’ai fait semblant de dormir, n’offrant que mon dos à l’officiel, les yeux grand ouverts dans le noir, pour ne pas qu’il me touche. Je n’y tenais pas. Conserver encore un peu de l’odeur de l’Autre, de ses gestes, de ses mains sur moi quand on a baisé. Ou fait l’amour. Je ne sais pas, je ne sais plus.

Je ne sais plus que ce que j’ai fait. Il y a trente secondes, je lui ai écrit:

« Je ne veux rien attendre de toi, et pourtant j’attends.

Je ne veux pas que tu me sois nécessaire , et pourtant tu me manques.

Je ne veux pas mentir, et pourtant je suis là »

Message envoyé. Avec accusé de lecture. Histoire de voir s’il ne finira pas comme le sien.

Je le déteste pour ça. Pour ce que je ressens. Parce je le voudrais à moi, et que je ne peux pas, … Quelle place dans cette histoire pour l’officiel? Quels dégâts? Quelle déconstruction?

J’ai soif de ses lèvres, de sa peau, de son sexe.