Un gros con. J’ai rien vu venir. Enfin,si, j’ai senti qu’il y avait bien un truc qui se tramait mais bon, j’ai fait celui qui ne voulait rien savoir, rien entendre. De ses silences, de son rire qu’elle ne partageait plus avec moi. Des réponses de plus en plus évasives à des questions simples.
J’ai laissé faire. De toute manière, qu’aurai je pu tenter? Peut être que ça n’aurait rien changé. Probablement. Sûrement. Que cette semaine avec elle, à enfin dormir dans ses bras toutes les nuits, à enfin caresser sa peau à l’envi, à sentir son coeur battre tout près du mien…Que ces jours que j’avais tant espéré… Pouvoir être ensemble… Tout ça n’aura été qu’un accélérateur pour elle, pour nous.
Dans mes bras, toutes les nuits, j’ai tenté de la posséder. En vain. Citadelle imprenable. Si elle m’abandonnait son corps, sans retenue, presque avec rage, c’était pour ne pas me donner son âme. Son essence. Elle.
Notre relation s’est construite d’elle même, sans que ni elle ni moi n’y prenions garde, et elle s’est délitée de la même manière. Une sorte de parenthèse pour elle, une histoire à laquelle j’ai accordé bien trop d’importance pour moi. Trop de rêves, trop d’espoirs, pour en finir comme ça.
Un dernier baiser dans un aéroport.
Et quelques heures à peine entre ce baiser et un autre. Celui qui comptait. Sa langue dans sa bouche. Leurs mains qui se joignent.Leurs peaux qui se répondent. Et moi, qui creve. De ne pas être lui. De l’avoir eue elle, à portée de coeur, et de ne jamais avoir su la faire mienne. Elle n’a même pas pris un peu de temps pour oublier le goût de mes lèvres, mon odeur, mes mains sur ses seins. L’Autre importait trop. En regard, je n’aurai été qu’une passerelle, un pont vacillant.
J’aimerai lui coller mon poing dans la figure, reflexe primal de défense de territoire. J’aimerai le démolir, lui, sa belle gueule de connard. Mais impossible. Nous sommes des êtres humains civilisés. Ce ne sera qu’un fantasme, dur violent et qui me hantera encore longtemps.
Elle, Elle ,nom de dieu … Elle ! Je ne sais plus ce que je ressens, à la fois colère et ressentiment, désir , amour, dégoùt. Du peu de considération qu’elle a eu pour moi. De son égoïsme monstre. De la façon dont elle s’est barrée, sans explications. Juste un aurevoir que je ne savais pas encore être un adieu.
De la façon dont j’ai appris tout ça, par une autre bouche, avec d’autres mots. Salissants. Pour moi, pour elle.
Je l’ai croisée, dernièrement. Marchant seule, déterminée , comme je l’ai toujours vue et aimée. Nos regards se sont mesurés. J’ai bien vu qu’elle cherchait un moyen d’entrer en contact, des mots à dire, quelque chose.
Mais j’ai tiré le premier,j’ai inspiré et j’ai juste dit:
“Salope”
Deux ans de vie résumés en ce seul mot.
Deux petites perles au bord de ses cils.
Credits photos: Edwindejongh sur Flickr


3 comments
Comments feed for this article
décembre 1, 2008 à 11:59
Canard Mécanique
Ah ben t’as carrément des couilles qui te poussent maintenant !
Le cigare, sans doute. Moi c’est pour ça que j’évite, hein (et aussi parce que c’est quand même dégueulasse).
décembre 1, 2008 à 12:37
sand
Ouais carrément
Je suis comme ça moi, je m’investis à fond ds mes persos….
Non, sérieusement, j’avais envie d’écrire une fiction ss qu’on vienne me demander ” alors ça va ? ” en pensant que c’est autobiographique
La prochaine fois, j’essaye de faire parler un platane, promis
décembre 1, 2008 à 12:38
sand
Et le cigare, c’est comme tout, pour apprécier, suffit d’en trouver un bon …
(le premier qui trouve un double sens cochon à mes propos sera fessé en place publique, c’est pas mon genre les allusions graveleuses)