Parce que j’avais encore des choses à écrire, je continue en solo. Pour ceux qui n’ont pas suivi, on retourne gentiment sur la catégorie Sand et le Mal, et on obtient tous les textes.

Il faut que je le voie.
Il faut que je l’aie.
Il faut que je cesse de penser à lui.
Il faut que j’arrête.
Il faut que je pense à tout ce que je pourrai perdre.
Il faut que je rompe.
Il faut que je lui dise.Il m’obsède.

Hier, on a discuté. Fait inédit. Et il est intelligent, sensible, plus drôle que je ne l’aurai cru. Et c’est dangereux. Parce que non content d’être un très bon coup, un super amant, attentif à mon plaisir autant qu’au sien, il se révèle être un garçon adorable. Touchant. De ceux dont je serai probablement tombée amoureuse en d’autres circonstances.

Oui, on a parlé. Après le sexe. Tendrement. Pour une fois, je ne me suis pas enfuie. Je suis restée encore un peu entre ses bras. Une pause de douceur. Comme on n’en avait jamais vécu jusque là. Comme j’avais résolu de ne jamais le laisser atteindre. Pour ne pas me montrer faillible, attendrie. Je suis en train de me mettre dans la merde là.

Et en même temps, je n’ai pas pu résister, à ses bras qui m’enveloppaient, à sa bouche dans mon cou, à ses lèvres qui chuchotaient à mon oreille. Des bêtises, et des choses plus profondes, … un instant un peu suspendu, quand, après le sexe, encore haletants de plaisir, on se dit des mots tout bas.

Je repense à ça.

Et j’en suis troublée.

Je revois la scène. Nous entrant dans la chambre. Pas pressés. Parce qu’on sait tous les deux que ce sera bien. Accordés. Lui qui me déshabille lentement, joue avec le tissu, profite de l’attente. Moi qui ne le déshabille que du regard pour l’instant. Tout ou presque se passe dans nos yeux qui se croisent, se fuient, se perdent, se retrouvent. Nos mains entremêlées, nos bouches avides. Puis cette incroyable douceur avec laquelle il me renverse, comme une chose fragile, délicate, que le moindre souffle pourrait briser. Sa bouche, qui me parcoure. Mes mains qui osent. Sans un mot. Les mots ne pourraient pas. Lui, à présent nu. Beau. Sa respiration sur ma peau, qui me fait frissonner. L’étreinte. Les baisers. Par milliers. Les caresses. Par centaine. Tout nous est permis. Plus aucune limite n’est tolérée dans cet espace là. Tout est fluide, limpide, évident. Pas besoin de permission, de demandes, de compromission. Juste un moment de pur plaisir, sans entraves.

Pourtant, après, juste après, c’est cette culpabilité qui me reprend, proportionnelle au plaisir qu’il me donne. Pourquoi suis-je obligée de trouver cela dans les bras d’un autre que celui qui partage ma vie ? Est-ce que j’en ai le droit ? Est-ce que je devrai me contenter de la tiédeur d’un amour tranquille, ou ai-je le droit de chercher ailleurs les satisfactions qui me manquent ? Je déteste ce sentiment. Parce que je n’arrive pas à mettre des mots sur notre relation, que je ne sais pas où il en est lui.

Je crois qu’il éprouve quelque chose pour moi, mais quoi ? De l’amour ? Je n’en suis pas sûre…
De l’attirance ? Sûrement, mais seulement physique, ou plus profonde ? De l’amitié ? Je ne veux pas y penser, je crois que ce serait le pire. De la reconnaissance ? Pour lui offrir ainsi mon corps et la jouissance … Je n’en sais rien.

Et ce ne serait probablement pas plus facile si je le savais.

J’éprouve quelque chose pour lui, mais je suis incapable de le mettre en mots.
……………………

Bon, combien dois je attendre encore ? Une minute ? Allez, il faut que j’ose regarder… De quelle couleur c’est positif?