Il y a juste des moments comme ça, parfaits. Comme des bulles. Un peu brillants, un peu éphémères. Qui s’envolent quand on veut les saisir.
L’odeur du premier café du matin, les narines chatouillées par l’arôme grillé. Savoir que la journée va commencer, mais qu’on est encore au calme.
Un petit mot, un regard, qui vous font vous sentir belle.
Le calin magique d’un petit ange, qui a vu que vous n’étiez pas bien, et qui pense vous guérir en vous serrant très fort. Et qui vous fait monter les larmes aux yeux.
La satisfaction de faire quelque chose pour quoi vous êtes faite, vraiment. Un truc dont vous réviez, maisque vous n’assumiez pas. Et que là, vous réalisez. Enfin.
La découverte de vous. Au plus profond, et au plus intime. Autant que de savoir qui vous êtes, extérieurement. Et l’aveu enfin de ce que vous pressentiez, espérez. Se regarder dans un miroir, et ne pas trouver le mot ridicule et à mille lieues de soi. Etre sexy.
Ressentir la tension, le stress et l’excitation de la fièvre créatrice. Se triturer les méninges, s’engueuler, se reprendre, s’interroger, se plaîre, se détester, créer.
Redécouvrir un vieux cd qui trainait. Et auquel comme à beaucoup de choses vous n’aviez pas accordé assez de temps. Juste profiter de la plénitude des notes qui se déroulent. De la sensation physique de la musique qui pénêtre le moindre de vos pores. Et s’abandonner.
Mordre dans un carré de chocolat. Noir. Intense. Sentir l’amertume du cacao vous transpercer le palais, la saveur épicée vous emplir la bouche, le sucre sur le bout de la langue. N’être qu’une explosion gustative.
Pouvoir entendre un compliment. En le prenant pour soi. Et pour ce qu’il est. Oser gonfler un peu de l’égo. En douceur.
Rire. A en pleurer. Pour des bétises, et sans penser à rien d’autres. Sans conséquences.
Se sentir vibrer comme un arc trop tendu. Et aimer ça.
Avoir une main qui se pose sur la sienne. Sans un mot. Mais dont la simple apposition contient tous les mots du monde. Tous les mots nécessaires.
Pouvoir pleurer. Vraiment laisser couler les larmes. Qu’elles inondent les joues. Et en ressentir un bien être fou.
Sourire.

2 comments
Comments feed for this article
janvier 18, 2009 à 10:55
Emmanuel
Je t’ai pas dit, mais ce petit texte est tellement fort et sincère qu’on préfère lire, se taire et partir sur la pointe des pieds…
Quand même, ça me donne envie de poser ma main sur la sienne… Juste comme ça.
janvier 19, 2009 à 10:15
sand
merci de ne pas t’être tu… et oui, on ne pose jamais assez de mains sur les mains des autres …