J’aime quand elle n’est encore qu’un murmure. Juste un bruissement. Que je la sens approcher, louvoyante, encore hermétique, mais déjà tentatrice. J’aime la sentir, la sensation de ma nuque frissonante sous ses premières approches,  frôler mes oreilles, les caresser en douceur, langoureusement, calmement. Ca commence comme un baiser léger, puis c’est une vraie étreinte. Parfois sauvage, parfois syncopée, parfois juste tendre, mais quand ces moments là se produisent, j’en ai l’eau à la bouche. Et les larmes aux yeux. Je me mets dans ses pas, je suis son rythme. Mon coeur qui bat à l’unisson, qui pulse.

Je perds pied, complètement emplie d’elle, de toutes les sensations qu’elle m’offre. Et ça monte. Du creux dans mon ventre, de la boule de chaleur qui migre vers ma gorge. Les sons rauques d’abord, puis modulés. En harmonie. Ne faire qu’un.

Elle est indicible, irrésistible, … C’est presque un péché de gourmandise. savoir qu’elle sera là, longtemps encore, des heures immobiles, des minutes sensuelles, des secondes à n’en plus finir… Toujours différente, toujours immuable. Elle m’appele. Et quand je suis en elle, plus rien n’existe.

Plus rien d’autre que de se laisser bercer, flotter dans un autre monde une autre réalité.

Jusqu’à ce qu’elle se taise. Qu’elle s’arrête.

Alors, le silence reprend son cours…