Je rentre juste de Paris. Et je suis passablement crevée. Mais j’ai un tout petit sursaut de courage encore. Un peu de vie de mon cul, ça vous dit?

Je suis dans le train. Retour en soirée, après deux jours d’émotions intenses, de rencontres, de jolis moments, et de beaucoup de marche (oui, Paris c’est grand, on croirait pas)… Je profite un peu du calme pour relire un texte, le corriger, bosser tranquillement sur l’ordi, en continuant à savourer le plaisir que j’ai pris.

Sauf que…

A la place devant moi, il y a un jeune couple.

Je hais les jeune couples.

Enfin pas tous le temps, mais là, ils sont juste insupportables. La fille apparemment s’ennuyait, et voilà qu’elle lance une dispute à coup de: “tu me laisses pas faire ce que je veux, j’ai besoin d’air, notre couple est en criiiiiiiiiiiiiiise (ben oui, ma pov’ Lucette, la criiiiiiiiiise c’est pour tout le monde)… Si encore c’était discret. Mais nan. Mademoiselle a voix distincte et haute énumère la liste de ses malheurs. Et monsieur réagit à peine (patience d’ange, parce que moi à sa place, j’imagine que je me serais barrée depuis longtemps).

Au bout d’une grosse demi-heure de jérémiades, entrecoupées de sanglots avec reniflements et utilisation intensive du mouchoir comme arme massive, je craque. J’attrappe le Cosmo que je viens de lire, en poireautant dans la gare.

Je lui tape sur l’épaule.

“Exusez moi, mademoiselle, plutôt que de vous disputer, vous ne préfereriez pas lire? Je viens de passer deux jours fabuleux, j’ai pas envie de disputes dans mon entourage immédiat” et je lui tend le mag.

Estomaquée, elle ne dit rien, le prend.

Silence

Et quelques minutes plus tard, je la vois plongée dedans. Avec son mec. Faisant un test à la con. Et rigolant de leurs réponses mutuelles.

Quand elle est descendue, j’ai eu droit à un grand sourire, et à un merci des deux là. Mais sutout j’ai eu la paix !

Moralité: lisez, vous en retirerez toujours quelque chose.