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Des nuits et des nuits, des jours et des jours, sombres à l’infini. Parfois de pâles lueurs qui ne réchauffent rien, inutiles clartés.
Trois lettres
Un an
Un an déjà. Ton souffle dans mon cou, ton rire dans mes cheveux, ta main dans la mienne. A jamais.
Un an seulement. A porter un masque. A donner de l’illusion. A répandre mille artifices, mille couleurs, mille mensonges. A dire: “je vais bien.” A dire: “la vie continue”. A dire: “il faut avancer.”
Et pourtant, trois cent soixante cinq jours, autant de nuits, les joues enfièvrées, mais arides. Pas seulement une larme pour iriguer un peu ces terres stériles.
Mais encore toujours, minute après minute, tenir. Serrer les poings. Retenir entre mes mains crispées toute la vie qui comme les grains de sable cherche à échapper à cette prison provisoire.
Essayer de vivre. Encore.D’y prendre goût. Mois après mois. Recommencer toujours. En dépit de l’echec, du découragement, de ma faim innassouvie. De ce que je le hais. Ce creux. Ce vide. Cette inutilité. Cet abscés. Cet absent.
Celui qui ne veut pas répondre.
Vide.
“Would you know my name if I saw you in heaven ?
Will you be the same if I saw you in heaven ?
I must be strong and carry on
’cause I know I don’t belong here in heaven “
On est Samedi soir… Les nausées sont enfin un mauvais souvenir, son ventre s’arrondit (les filles du yoga le lui ont bien fait remarquer mardi, on ne voyait que son rond bedon), elle est fatiguée en tenue hyper sexy (ben oui, le jogging mou du samedi, celui qui est si confort), elle et lui s’apprêtent à passer une soirée tranquille. Ils se sont bien passés finalement ces 5 premiers mois de grossesse…A part que depuis quelques jours, elle a de petites douleurs au ventre, oh rien de très grave, juste quelques tiraillements… Confortablement installée devant les Enfants de la Télé, Loulou à côté, tout va bien… Soudain, elle rit et là, elle sent entre ses jambes quelque chose qui coule, juste un peu, elle monte se changer en se répétant que c’est sûrement rien. Et ça recommence…
6 H 21. Je viens de raccrocher. Je vais me faire un café. Pendant qu’il coule, j’observe le soleil dehors qui se lève. Les couleurs orangées, rosées, striées de noir. L’odeur du café se répand dans la pièce. Un matin calme comme tant d’autres. La radio en fond sonore grésille. Par la fenêtre, on entend au loin le grondement d’un moteur. Un chien aboie. La vie quoi !
Je suis seule, assise dans la cuisine. Je savoure , la morsure du liquide brûlant sur mes lèvres, puis les arômes grillés qui s’épanouissent dans ma bouche. Tout est tranquille , serein. Un nouveau matin.
J’ai faim.
J’attrape un bol, des céréales. Je pense à ce que je vais faire dans la journée.Tous les dossiers à classer, les affaires à finaliser. Tiens, de quoi vais je déjeuner ? Je pourrai bien faire une exception ce midi et aller au petit italien, en bas du boulot. Je proposerai bien à Philippe de m’accompagner. Ou pas … Il ne faut absolument pas que j’oublie d’envoyer ce mail, et aussi d’annuler le déjeuner de mercredi avec Sophie.

Papote: quelqu'un veut du café ?