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Un geste, comme les autres, les milliers de gestes qui ont précédés, tout au long des matins somnambules. Appuyer sur le bouton, apercevoir le clignotement familier, rassurant. Attendre quelques dizaines de secondes, puis placer avec habitude le demi cylindre,…. Elle a fait ça chaque matin depuis… Elle ne sait plus combien de temps au juste. Des jours, des semaines, des mois, peut être des années. Elle ne sait pas, ne sait plus. A force de répétition, elle a perdu le fil du temps. Le fil de ses idées. Il y a du y avoir une première fois, mais quand? Read the rest of this entry »
Je n’ai pas exactement tout compris. Ou plutôt, si, j’ai trop bien compris. Pourquoi il a hurlé. Pourquoi cette gifle. Pourquoi ses doigts imprimés en carmin sur ma joue. C’est avec ses mots qu’il m’a fait le plus mal pourtant. Des mots… Cinglants. Efficaces. Durs.
Des mots qui me redressent, me remettent en son pouvoir, à nouveau. Des mots qui m’annihilent. Des mots qui voudraient m’empêcher de penser, de dire. Des mots qui ne me ressemblent pas, mais auxquels pourtant je m’identifie. Read the rest of this entry »
Le réveil indique 5h45. Beaucoup trop tôt encore une fois. Dehors, un vent coléreux souffle. Impossible de rester encore dans ce lit. Pour quoi faire? Tenter de me rendormir? Ca ne marchera pas. Je le sais, je le sens. Trop de choses en tête, trop d’histoires qui se chevauchent, trop de mots que je n’ai pas dit. Parce que c’est compliqué. Je n’arrive pas déjà à les coucher noir sur blanc, distinctement. Je n’arrive pas à dessiner de façon claire la situation. Tout se joue dans un brouillard gris, par traits irréguliers, pointillés. Du crayon gras en halo diffus, frotté avec la pulpe du pouce sur la feuille. Rien de net. Read the rest of this entry »
Ca commence par un léger trouble. Voile de mousseline qui m’enveloppe. Brume cotonneuse. Puis petit à petit, les sensations se font plus précises. Mon oeil s’aiguise, attentif au moindre détail. Je suis à l’affût. La proie devant moi. Chaleur dedans. Un sourire irépressible s’empare de mes lèvres, dévoile les canines. Une onde électrique court tout le long de mon corps, y allumant une multitudes d’incendies. Ca se propage, de la racine de mes cheveux au bout de mes orteils, le long de ma colonne vertébrale. Séisme qui a pour épicentre mon ventre.
Ta peau est un appel au crime. Une tentation. A laquelle je ne suis pas en mesure de résister. Et je glisse… Read the rest of this entry »
Seule. Toujours. Seule à plusieurs. Seule dans le bruit, malgré le monde qui bouge, les actes posés, toujours plus vite, toujours plus loin, toujours plus fort.
Seule. Le jour. A tenter de faire. D’ être. A se soûler de mots, de rimes, de vers. A réciter des pensées idiotes, des poèmes inouis, des montagnes de phrases sans queue ni tête.
Seule. La nuit. A attendre. De pouvoir. A se bercer d’illusions. Les rêves qui naissent dans l’obscurité, qu’on voudrait retenir, impalpables. A noircir des pages et des pages. A hurler sur le papier.
Seule. Encore. Par volonté. Pour éviter l’ Autre, les Autres. Pour ne devoir supporter que moi.
Seule. Alors que ça pourrait être si simple. Qu’il aurait suffi que je me rende un peu. Que tu puisses prendre ma main.
Seule. Serrer les poings, et les machoires. Le coeur gonflé de rage. Contre ses propres mensonges, ses lâchetés. Ses faux semblants. Ses petits arrangements avec les sentiments.
Seule. A le savoir.
Seule. Pour ne pas avoir dit.
Seule.
Nos deux corps côte à côte. Hiératiques. De marbre. Si lisses. Doux. Mais insensibles. Nos peaux ne s’emeuvent plus. Trop imprégnées l’une de l’autre, trop attendues. Quand mon regard se pose sur toi, il ne s’attarde plus. Il voit à travers. Vers un ailleurs. Vers d’autres possibles. Et pourtant, il se heurte encore à toi. C’est insoluble.
La peau glacée, les battements sourds qui grondent comme un orage, menaçants. Les yeux écarquillés à l’infini, pour essayer de voir. Essayer d’atteindre. Encore. Le plus jamais. L’irrépressible. Toi. Par dessus tout. Read the rest of this entry »
Adossée au mur, je regarde par la fenêtre. Ta voiture vient de démarrer. Peut être que tu vas faire demi tour, revenir, passer le reste de la nuit entre mes bras. Mais tu préfères t’en aller. C’est plus facile dis-tu. Après t’être abandonné à moi, avoir consenti au plaisir, t’être rendu, il t’est impossible de te laisser aller suffisamment pour rester au creux de moi. La nuit te chasse.
Je la déteste pour ça. Parce que tu te refuses à moi. Tu m’as dit: profitons de ces instants là. Tu m’as dit: c’est parfait comme ça est. Tu m’as dit: on n’a que du plaisir ensemble, pourquoi vouloir compliquer?
Et pourtant, je suis là, le coeur battant, à espérer comme une idiote que tu changeras d’avis. Que les mots que je sens poindre sur tes lèvres vont enfin franchir le barrage.
Barrage que nous nous sommes imposés depuis le début. Ne pas s’attacher. Ne pas s’attendrir. Ne pas se dire. Rester l’un pour l’autre de parfaits inconnus, même si nos corps se connaissent par coeur, même si je pourrai retracer chaque centimètre de ta peau en fermant les yeux, même si tu as apprivoisé chaque courbe de mon corps, chaque plein, chaque délié, les creux, les ombres. Read the rest of this entry »
Les yeux grands ouverts , toutes lumières éteintes. Elle se dit qu’elle n’aurait pas du. Ca fait maintenant six heures et quarante trois minutes qu’elle a reçu son texto. Six mille cent quatre-vingt secondes que son coeur s’est arrêté de battre. Trois seulement. Il signe la fin de l’histoire avec trois putain de mots. Quelle ironie. Trois mots pour un début, trois mots pour une fin.
C’est si simple. Je t’aime. Je te quitte. Et entre les deux, du temps volé. Des bribes, en pointillé. Un gâchis. Parce qu’elle y croyait vraiment. Elle avait laissé de côté son armure de rejet, de peur de s’engager, elle avait laissé s’effriter le masque. Elle s’était mise à nu pour lui. Ses bras étaient ses seules frontières, ses mots sa seule croyance. Read the rest of this entry »
Un peu de sel sur les lèvres. Tremblées. Et toi, par dessus tout. Toi, ta peau, ton odeur, tes gestes. Mille fois répetés, mais différents. Toujours les mêmes, sans pouvoir être comparables. Parce que ce n’est plus pareil. Au bord , il ne reste que deux possibilités, s’y jetter ou s’enfuir. Loin de toi. Impossible. La lave dans mon ventre.
Ce désir fou.
N’avoir soif que de ça. Et en avoir la trouille.
S’y résoudre. Abandonner. Capituler. Se rendre. Corps et armes. Parcourir de nouveaux paysages, une nouvelle évidence. Sans plus réfléchir. Ne plus faire appel à l’intellect. Juste écouter nos peaux qui conversent, se répondent, se heurtent, se fondent. Danser au même rythme, nos hanches synchrones. Enfin. Ecouter ton souffle, sentir la brise sur ma nuque. Du bout des doigts, oser toucher. Presqu’imperceptiblement, presque sans le vouloir. Que le moindre contact électrise. Que le moindre mouvement fasse basculer. Un moment, le temps qui n’a plus d’âge. Pas plus que nous. Retrouver l’instinct. Se faire confiance. Ton doigt sur ma bouche. En silence, juste le langage des corps. Se faire violence pour oser se donner. Complètement. Nue.
Savoir que ce ne sera bientôt plus… Que bientôt, l’illusion prendra fin. Qu’on sera de nouveau seuls, face à nous même. Que les yeux dans le miroir ne seront plus les tiens,mais juste les miens. Seuls.
Et pourtant, s’accrocher, s’arrimer, se pénêtrer. Pour mieux être à l’autre. Parce que c’est au delà de la raison. Parce que c’est ta peau qui m’appele. Tes caresses. Tes mains. Ta voix. Parce que tout me ramène à toi. Même si je me refuse. Même si je triche. Que je maquille. Que je déguise.
Je ne peux plus résister. Toi en moi. Et être submergés. Se noyer. Sublimés par le plaisir à son paroxysme.
Le début de l’histoire, c’est par là , puis là, et encore ici:
Voici la fin du dernier texte:
(…) Ca semble aller. Il en a au moins pour une heure de tranquillité. Alors il monte. Près de l’ Ours.
L’Ours dit : “Tu as voulu mettre le feu, n’est ce pas ? Tu as eu raison, de ne pas le faire, il n’aurait pas assez souffert, mais approche… j’ai une idée …
L’Erreur garde ce sourire sur les lèvres depuis les mots de l’Ours, l’autre jour.
Il ne peut pas vraiment l’effacer. Heureusement, le Terrifiant n’est plus réapparu depuis quelques jours.L’Erreur et le Doux vivent des moments tranquilles. Ils dînent tous les deux, regardent des films, passent des après midi à chantonner et à cuire des gâteaux. Read the rest of this entry »


Papote: quelqu'un veut du café ?